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Assurance vie Crédit Agricole : que faire de son Predissime 9 ?

Predissime 9 Crédit Agricole : 2,15 % en 2025
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2,15 %
Rendement du fonds en euros en 2025, avant bonus
3 %
Frais prélevés sur chaque versement — 300 € sur 10 000 € investis
0 €
Frais de sortie : le rachat, lui, ne coûte rien

Predissime 9 n’est plus commercialisé et son fonds en euros a servi 2,15 % en 2025, jusqu’à 2,95 % avec les bonus de rendement soumis à conditions. Ce contrat, distribué pendant des années par les caisses régionales du Crédit Agricole et assuré par Predica, reste détenu par un très grand nombre de foyers français.

La question n’est donc pas « faut-il souscrire » — vous ne pouvez plus. Elle est : que faire du contrat que vous avez déjà ? Cette page répond à ça, chiffres à l’appui.

Predissime 9 : ce qu’est vraiment ce contrat

Caractéristique Predissime 9 Série 2
Assureur Predica, filiale de Crédit Agricole Assurances
Distributeur Caisses régionales du Crédit Agricole
Statut Fermé à la commercialisation
Type Multisupport : fonds en euros et unités de compte
Rendement du fonds en euros 2025 2,15 %, jusqu’à 2,95 % avec bonus

Fermé à la commercialisation ne veut pas dire fermé tout court. Votre contrat continue de vivre : il produit des intérêts, vous pouvez arbitrer, retirer, et dans la plupart des cas continuer à verser. Simplement, la banque ne le propose plus aux nouveaux clients — signe que l’assureur a fait évoluer sa gamme.

Les frais, poste par poste

Poste Predissime 9 Contrat en ligne de référence
Frais sur versement 3,00 % 0 %
Frais de gestion sur fonds en euros 0,60 % par an Inclus dans le taux servi
Frais de gestion sur unités de compte 0,85 % par an 0,50 % par an
Frais d’arbitrage 0,50 % 0 %
Frais de sortie 0 % 0 %

Ce que 3 % de frais d’entrée signifient concrètement. Un versement de 10 000 € n’en place que 9 700. Avec un fonds en euros à 2,15 %, il faut environ un an et demi de rendement pour simplement revenir à votre mise de départ. Sur des versements programmés mensuels, ce prélèvement se répète à chaque échéance.

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Simulateur

Ce que les frais de gestion coûtent sur la durée

Comparez 0,85 % de frais de gestion, le niveau de ce contrat sur les unités de compte, avec les 0,50 % d’un contrat en ligne. À performance brute identique.

3 % — profil prudent
5 % — profil équilibré
7 % — profil dynamique

Le rendement, replacé dans le marché

2,15 % avant prélèvements sociaux, cela fait environ 1,75 % réellement acquis. À comparer au taux du Livret A, disponible, sans risque et net de tout prélèvement. Sur la seule poche en euros, le contrat ne justifie donc pas grand-chose face à un livret réglementé — sauf pour ce qu’un livret ne sait pas faire : la fiscalité successorale et l’abattement après 8 ans.

Les bonus de rendement

Le taux peut monter jusqu’à 2,95 % via des bonus soumis à conditions, généralement liés à une part minimale d’unités de compte dans le contrat. Le raisonnement est le même que partout : ce supplément rémunère un risque de perte en capital pris sur une autre poche. Avec des unités de compte facturées 0,85 % par an, le calcul est moins favorable qu’ailleurs.

Vous détenez un Predissime 9 : que faire ?

Premier réflexe : ne fermez pas. Après 8 ans, votre contrat ouvre droit à un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, sur les gains retirés. Cette antériorité ne se transfère pas et ne se rachète pas. Un contrat ouvert en 2014 vaut, pour cette seule raison, plus qu’un contrat neuf mieux tarifé.

La stratégie qui convient à la grande majorité des détenteurs tient en trois décisions.

1. Arrêter les versements programmés

Chaque prélèvement mensuel subit 3 % de frais. Sur 200 € par mois, cela fait 72 € par an qui partent avant même d’être investis. C’est le premier geste à faire, et il ne coûte rien : un appel à votre conseiller ou une modification en ligne.

2. Garder le contrat vivant

Laissez le capital en place, ou au minimum un solde résiduel. L’antériorité continue de courir, et vous conservez la possibilité de retirer chaque année dans la limite de l’abattement, en franchise d’impôt sur le revenu.

3. Ouvrir un second contrat pour la suite

Vos nouveaux versements ont leur place sur un contrat sans frais d’entrée, avec 0,50 % de frais de gestion et l’accès aux ETF et aux SCPI. Le second contrat commence sa propre horloge de 8 ans dès aujourd’hui : plus tôt il est ouvert, plus tôt il devient fiscalement mature.

Détenir deux contrats est parfaitement légal. L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € s’apprécie par foyer fiscal et par an, tous contrats confondus : vous ne le doublez pas, mais vous ne le perdez pas non plus, et vous choisissez chaque année sur quel contrat vous retirez.

Les cas où racheter se justifie quand même

Conserver n’est pas un dogme. Trois situations justifient de sortir.

  • Le contrat a moins de 4 ans et n’a presque rien capitalisé. L’antériorité que vous perdez est faible, et vous cessez de subir 3 % sur les versements.
  • Vous avez besoin de l’argent. Le rachat est possible à tout moment, sans frais de sortie. La seule question est fiscale : au-delà de l’abattement après 8 ans, les gains sont taxés à 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes, puis 12,8 %.
  • Le contrat est intégralement en fonds en euros et vous n’y verserez plus jamais. Vérifiez alors ce que rapporte réellement le capital, frais de gestion déduits, face à un livret réglementé disponible et non fiscalisé.

Racheter : la mécanique fiscale exacte

Un rachat n’est jamais imposé sur la totalité de la somme retirée. C’est le point que la plupart des épargnants comprennent de travers, et qui les fait renoncer à retirer alors qu’ils le pourraient sans coût.

Seuls les gains sont taxés

Chaque rachat se décompose en deux parts : le capital que vous aviez versé, jamais imposable, et les gains produits, seuls concernés par la fiscalité. La proportion est calculée automatiquement par l’assureur, au prorata de la part des gains dans la valeur du contrat.

Le barème après 8 ans

Situation Imposition des gains
Gains sous l’abattement annuel 0 % d’impôt sur le revenu — 4 600 € seul, 9 200 € en couple
Au-delà, primes sous 150 000 € 7,5 %
Au-delà, primes au-dessus de 150 000 € 12,8 %
Dans tous les cas + 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains

Sur l’exemple ci-dessus, un couple ne paierait aucun impôt sur le revenu : 1 000 € de gains restent très loin sous les 9 200 € d’abattement. Seuls les prélèvements sociaux s’appliqueraient, soit 186 €.

La stratégie du rachat programmé

Elle découle directement de ce mécanisme : plutôt que de retirer 40 000 € en une fois — ce qui ferait exploser les gains au-delà de l’abattement — vous étalez sur plusieurs années en calibrant chaque rachat pour rester sous 4 600 € ou 9 200 € de gains. L’impôt sur le revenu tombe alors à zéro, année après année.

La clause bénéficiaire : à vérifier absolument

Sur un contrat souscrit il y a dix ou quinze ans en agence, la clause bénéficiaire a de fortes chances d’être restée en formulation standard, cochée à la va-vite le jour de la signature. Or c’est elle qui détermine qui touchera le capital à votre décès.

Les trois situations qui rendent une clause obsolète

  • Un divorce. Une clause désignant nommément « mon épouse Madame X » continue de produire effet après le divorce si elle n’est pas modifiée. Le capital ira à l’ex-conjoint.
  • Une naissance. Une clause désignant « mes deux enfants Paul et Marie » exclut l’enfant né ensuite. La mention « nés ou à naître » aurait évité cela.
  • Le décès d’un bénéficiaire. Sans la mention « vivants ou représentés », la part d’un enfant prédécédé ne descend pas à ses propres enfants : elle se répartit entre les autres bénéficiaires, ou retombe dans la succession.

La modification est gratuite et illimitée. Un simple courrier à votre caisse régionale suffit, à condition que le bénéficiaire n’ait pas accepté le bénéfice du contrat. Une formulation en cascade couvre la plupart des cas : le conjoint, à défaut les enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales, à défaut les héritiers.

La fiscalité au décès, l’atout qui reste intact

Même avec un rendement modeste et des frais élevés, un vieux contrat conserve un avantage que rien ne remplace : son régime successoral.

Versements effectués Régime applicable
Avant vos 70 ans 152 500 € d’abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu’à 700 000 €, 31,25 % au-delà
Après vos 70 ans 30 500 € d’abattement global tous bénéficiaires confondus, sur les seules primes — les gains restent exonérés

C’est l’argument décisif en faveur de la conservation : un contrat alimenté avant 70 ans transmet 152 500 € par bénéficiaire hors droits de succession. Avec trois bénéficiaires, 457 500 € échappent aux droits. Aucun livret, aucun compte-titres n’offre cela.

Les autres contrats du Crédit Agricole

Predissime 9 n’est plus commercialisé, mais Predica continue de distribuer des contrats via les caisses régionales. Si votre conseiller vous propose une bascule, trois questions permettent de trancher rapidement.

  1. Quels sont les frais sur versement du nouveau contrat ? S’ils restent au-dessus de 1 %, l’intérêt est faible face à un contrat en ligne à 0 %.
  2. Le contrat donne-t-il accès à des ETF et à des SCPI ? C’est le vrai critère de modernité d’une gamme, bien plus que le nom du produit.
  3. S’agit-il d’un transfert Fourgous ou d’une nouvelle souscription ? Le transfert Fourgous conserve l’antériorité fiscale ; une nouvelle souscription la remet à zéro. La différence est majeure, et elle n’est pas toujours explicitée spontanément.

Questions fréquentes

Peut-on encore souscrire Predissime 9 ?

Non, le contrat est fermé à la commercialisation : aucune nouvelle souscription n’est possible. Les contrats existants continuent en revanche de fonctionner normalement, avec la possibilité de verser, d’arbitrer et de racheter.

Quel a été le rendement en 2025 ?

2,15 % net de frais de gestion sur le fonds en euros, et jusqu’à 2,95 % avec les bonus de rendement soumis à conditions. Après les prélèvements sociaux passés à 18,6 %, le taux de base représente environ 1,75 % réellement acquis.

Les 3 % de frais de versement sont-ils négociables ?

Ils le sont souvent, surtout sur des montants importants ou pour un client de longue date : c’est la caisse régionale qui décide. Cela dit, même négociés à 1 %, ils restent un handicap face aux contrats en ligne à 0 %.

Faut-il fermer son contrat pour en ouvrir un meilleur ?

Dans la plupart des cas, non. L’antériorité fiscale acquise après 8 ans ne se transfère pas d’un contrat à l’autre. Le bon réflexe est d’arrêter d’y verser, de le conserver pour l’antériorité, et d’ouvrir un second contrat pour les nouveaux versements.

Le transfert vers un autre assureur est-il possible ?

Non. Aucun contrat d’assurance-vie français ne se transfère d’un assureur à un autre. Le transfert dit « Fourgous » permet uniquement de basculer vers un autre contrat du même assureur, en conservant l’antériorité — une option à examiner avec votre conseiller si Predica propose un contrat mieux tarifé.

Y a-t-il des frais pour retirer son argent ?

Aucun frais de sortie n’est prélevé lors d’un rachat, partiel ou total. Seule la fiscalité s’applique : abattement annuel après 8 ans, puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes versées et 12,8 % au-delà, plus 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains.

Ce qu’il faut retenir

  • Contrat fermé à la commercialisation : la question est ce qu’on en fait, pas s’il faut y souscrire.
  • Fonds en euros à 2,15 % en 2025, dans le bas du marché.
  • 3 % de frais sur chaque versement : le premier geste utile est d’arrêter les versements programmés.
  • Ne fermez pas un contrat ancien : l’antériorité fiscale des 8 ans a de la valeur.
  • Ouvrez un second contrat sans frais d’entrée pour vos versements futurs.

Sources

Données collectées le 23 août 2026. Les conditions tarifaires peuvent varier selon la caisse régionale et la date de souscription : vérifiez vos propres conditions générales et votre relevé annuel de situation.

⚠️ Information réglementaire. Ce contenu est publié à titre purement informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à investir. Investir comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un conseiller en investissement financier (CIF) agréé avant toute décision.
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Kevin Grillot
Kevin Grillot
Fondateur de L'Investisseur Malin

Consultant SEO indépendant à Lyon et investisseur particulier depuis 2018. Je teste les produits d'épargne et les courtiers dont je parle, et je publie les chiffres officiels plutôt que les arguments commerciaux.