Livrets d’épargne : où placer sa trésorerie

Livret A, LDDS, LEP, PEL, comptes à terme : à quoi sert vraiment chaque enveloppe, et dans quel ordre les remplir.

22 950 €plafond du Livret A
12 000 €plafond du LDDS
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Rédigé par La rédaction InvestMalin
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À quoi sert un livret, et à quoi il ne sert pas

Un livret n’est pas un placement destiné à faire fructifier un capital sur vingt ans. Sur longue période, sa rémunération protège au mieux du pouvoir d’achat, rarement au-delà. Sa fonction est ailleurs : offrir une somme disponible immédiatement, sans risque de perte, pour absorber les imprévus.

Confondre les deux usages coûte cher dans les deux sens : laisser 60 000 € dormir sur un Livret A pendant quinze ans revient à renoncer à une part importante de performance ; à l’inverse, investir en bourse l’argent d’une réparation de voiture attendue dans six mois expose à devoir vendre au pire moment.

Les livrets réglementés

Le Livret A

Plafonné à 22 950 € pour un particulier, disponible immédiatement, capital garanti, intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Un seul par personne. C’est le socle de l’épargne de précaution en France, et sa simplicité fait sa force.

Le LDDS

Le Livret de Développement Durable et Solidaire fonctionne exactement comme le Livret A — même taux, même fiscalité, même disponibilité — avec un plafond de 12 000 €. Il se cumule avec le Livret A, ce qui porte la capacité totale d’épargne défiscalisée et disponible à près de 35 000 € par personne.

Le LEP

Le Livret d’Épargne Populaire est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains plafonds. Sa rémunération est supérieure à celle du Livret A, pour un fonctionnement identique. C’est, quand on y a droit, le premier livret à remplir — et l’un des plus sous-utilisés.

Le PEL et le CEL

Le Plan d’Épargne Logement associe une phase d’épargne rémunérée à un droit à prêt immobilier à taux déterminé à l’ouverture. Le taux du plan est fixé pour toute sa durée, ce qui peut être un avantage ou un handicap selon le contexte de taux au moment de l’ouverture. Les plans ouverts récemment sont fiscalisés dès la première année, contrairement aux anciens.

Au-delà des plafonds

Une fois les livrets réglementés saturés, les options changent de nature :

  • Les livrets bancaires — sans plafond réglementaire, mais fiscalisés à 30 %. Les taux promotionnels affichés ne durent que quelques mois avant de retomber sur un taux de base souvent médiocre.
  • Les comptes à terme — vous immobilisez une somme pour une durée définie contre un taux connu à l’avance, également fiscalisé. Une sortie anticipée réduit la rémunération.
  • Le fonds en euros d’une assurance vie — capital garanti net de frais, avec une fiscalité qui devient favorable après huit ans. Pertinent pour de l’épargne de moyen terme, moins pour de l’argent dont vous pourriez avoir besoin la semaine prochaine.
  • Les fonds monétaires — accessibles via un compte-titres, ils suivent les taux courts. Fiscalisés, sans garantie formelle du capital, mais très peu volatils.

Une méthode simple

Déterminez d’abord le montant de votre épargne de précaution — trois à six mois de dépenses, ajustés à votre stabilité de revenus. Placez-le sur les livrets défiscalisés, en remplissant d’abord le LEP si vous y avez droit, puis le Livret A, puis le LDDS.

Tout ce qui dépasse ce coussin n’a plus vocation à rester sur un livret : c’est de l’épargne de projet ou de long terme, et elle relève d’autres enveloppes, choisies selon l’horizon.

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Questions Fréquentes

La logique classique consiste à saturer d'abord les livrets réglementés défiscalisés, en commençant par le mieux rémunéré auquel vous avez droit. Le LEP arrive en premier pour ceux qui remplissent les conditions de revenus, car son taux est supérieur à celui du Livret A. Viennent ensuite le Livret A puis le LDDS. Au-delà de ces plafonds, on bascule vers les livrets bancaires fiscalisés, les comptes à terme ou l'assurance vie selon l'horizon.

Non. Livret A, LDDS et LEP sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : le taux affiché est un taux net. C'est ce qui les rend difficiles à battre pour de l'épargne de court terme. À l'inverse, les livrets bancaires classiques et les comptes à terme sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ce qui réduit fortement leur rendement affiché.

Le Livret d'Épargne Populaire est soumis à des conditions de ressources vérifiées à partir de votre revenu fiscal de référence, avec des plafonds révisés chaque année. Il est nettement mieux rémunéré que le Livret A. Une part importante des personnes éligibles n'en ouvre pas, souvent par méconnaissance : si vous pensez pouvoir y prétendre, cela vaut la vérification auprès de votre banque.

L'ordre de grandeur généralement retenu est de trois à six mois de dépenses courantes, ajusté selon votre situation : un salarié en CDI avec un conjoint qui travaille peut viser le bas de la fourchette, un indépendant aux revenus irréguliers devrait viser plus haut. Cette somme doit rester immédiatement disponible et sans risque de perte en capital — donc sur des livrets, pas sur des marchés.